Avec plus de 50 j’aimes, le premier extrait a beaucoup plu. Je vous mets donc un second extrait pour vous remercier 🙂

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Extrait page 125 :

« Un an et trois cents unième journée de mon calvaire. Je me lève, ouvre les yeux, regarde mon réveil figé à la même date chaque matin, et sens en moi un étrange pressentiment… Quelque chose en moi fait trembler mon âme. J’ai froid ! Je frissonne !
Bien que je sache éperdument comment la journée va se dérouler, je ne peux m’empêcher de l’appréhender. C’est étonnant de voir comme l’Humain peut être stupide, il se méfie même de ce qu’il connaît.
J’enfouis ma terreur au fond de moi et tente d’affronter cette journée comme n’importe quelle autre. Recroquevillé sur moi-même dans le coin de mon salon, j’attends patiemment le coup de téléphone de l’Ange Illusoire. Je ne peux pas expliquer ce qui me pousse à l’aimer, à la placer au-dessus de tout le reste. Je sais qu’encore une fois ça finira mal, mais quoi qu’il en soit, je dois tenter le coup !
Enfin, son appel ! Je ne la laisse pas parler, je lui demande de la voir immédiatement. Elle me répond que ce n’est pas possible et que nous nous verrons ce soir pour notre rendez-vous. Mon cœur se déchire, sa voix me paraît lointaine, j’ai comme l’impression qu’elle est indifférente au fait qu’on ne se verra pas pendant de longues heures. Je la déteste… et en même temps je l’aime !
J’accepte le délai qu’elle m’impose avant de passer un moment auprès d’elle et lui demande de ne pas être en retard. Elle raccroche.
Comment vais-je pouvoir écouler mon temps ?
Je décide de prendre l’air, une promenade dans la solitude de ma vie me passera le temps. Je rencontre les mêmes gens, les mêmes rues et entends indéfiniment les mêmes discussions.
Quand j’arrive devant mon bureau dans lequel je n’ai pas mis les pieds depuis plus d’une centaine de jours, je suis tenté de m’y rendre. Je monte les premières marches et revois des visages qui n’ont pas l’air surpris de ma présence après tant de temps. Une fois dans les locaux, rien n’a changé. Je retrouve la même ambiance électrique que j’ai laissée derrière moi et les traits de mes collègues terrifiés sous l’apparition soudaine du porc qui leur sert de supérieur. Lorsqu’il m’aperçoit, il déboule dans ma direction. Ses grosses pattes font trembler le sol. Il rapproche sa tête poreuse de la mienne et me toise, je sens son haleine fétide se coller sur ma peau. J’ai envie de vomir ! Je crois même que j’ai un haut-le-cœur. Je me recule vivement pour m’extirper de ce cauchemar, quelle horreur ! Dire que j’ai supporté ça durant des années pour… avoir une promotion et me ramasser l’haleine de ceux qui sont encore au-dessus dans la hiérarchie ! Je crois que j’étais fou, et qu’aujourd’hui, je suis complètement taré, mais libéré !
Je ne prends pas la peine de lui répondre, avoir immergé dans cet aquarium d’Humains un bref instant m’a suffi. Une fois dehors, mes poumons se purifient d’air sain. Un peu plus dans cet Enfer et je serais passé sur le billard.
On accepte l’horreur quand on est contraint de la supporter, une fois sorti, on se rend compte à quel point on y était mal. Je suis heureux de n’avoir plus à me rendre chaque matin dans cet endroit. »