La nuit plongeait les rescapés dans un néant quasi total. Ils ne voyaient pas à plus de deux mètres… L’ennemi était peut-être là, à quelques pas d’eux, à les guetter, à attendre qu’ils s’endorment, et il leur était impossible de le voir… Ils se serrèrent les uns contre les autres pour se rassurer. Ils fixèrent la porte d’entrée qui était la seule source lumineuse. Mais de dehors provenaient les bruits inconnus et terrifiants de la jungle nocturne. Étrangement, ces bruits résonnaient avec un arrière-goût de rire moqueur comme si la nature elle-même méprisait le groupe d’êtres humains. Les silhouettes des buissons se mouvaient dans la nuit, mais se pouvait-il que ce ne soit pas celles des buissons ? Leurs yeux leur jouaient des tours… Le froid pénétrait doucement dans la maison et glaçait le sang. Il était comme le souffle d’un prédateur qui attendait l’instant propice pour bondir sur sa proie…