Allez, pour ce début d’août, je vous offre un extrait du roman Au Jour le jour !

« T’as mon fric ? fit-il sans salutations.

– Heu… Tu sais…

– Quoi ? La réponse est simple, tu l’as ou tu l’as pas !

– Je l’ai pas, mais je t’avais prévenu que ça prendrait du retard…

– Tu te fous de ma gueule ? Tu m’avais dit quelques jours et ça fait trois semaines que je t’ai filé ton shit, tu m’as pris pour un bouffon ? » cria Mike enragé.

Le trentenaire n’appréciait guère qu’on lui parle de cette manière, il avait essayé d’adopter un ton plus convivial mais cela n’avait pas empêché ce qu’il avait redouté.

« Bon, gamin, tu vas me parler autrement, dit-il. Tu vas arrêter de jouer les caïds avec moi. Ton fric, je l’ai pas, je vais pas te le chier ! »

Mike s’avança d’un pas menaçant vers lui. La différence d’âge n’était pas un facteur qui le dérangeait.

« Et je fais quoi, moi ? Je fournis des gens, et j’attends gentiment qu’ils se décident à payer ? Tu vas bien m’écouter sale enfoiré, le fric, je l’ai pas demain, je te défonce ta petite gueule de bourgeois !

– Parle-moi autrement ! Je suis pas ton pote ! Continue à menacer les gens comme ça, et je te balance aux flics !

– Ah ouais ? Et tu vas leur dire quoi aux flics ? Que tu te fournis ton shit auprès des lycéens ? C’est ça ? »

Mike poussa l’homme tant la colère montait en lui. Il voulut le saisir par le col de sa veste mais se fit repousser. Leurs voix résonnaient dans la ruelle.

« Tu sais quoi ? reprit l’homme. Comme tu veux jouer aux cons, ton fric, tu l’auras pas !

– Quoi ? J’aurai pas mon fric ? »

Mike changea alors d’intonation. Son client crut alors à une victoire, il sourit en répétant qu’il ne verra jamais la couleur des billets. Pourtant, il n’avait pas prêté attention au mouvement de recul de la part de Mike qui s’était accompagné par un regroupement de sa bande qui se rua vers lui. L’homme eut à peine le temps d’entendre « allez-y les gars » qu’un garçon lui bondit dessus. C’était donc comme ça que Mike réglait ses problèmes ? Ce lâche envoie ses sbires quand ça tourne mal.

Mais l’homme ne se laissa pas faire, il envoya un coup de poing au premier qui osa s’approcher et l’assomma à terre. À peine remis de ce premier affrontement, qu’une seconde vague lui tomba dessus. Il donna des coups à tout va pour se défendre, il frappa de ses poings, de ses pieds et même de la tête. Il était hors de question de perdre la face, mais comment allait-il pouvoir battre autant de gens ? D’un coup, il sentit des mains le saisir, ses jambes se soulever et son corps basculer en arrière. Il s’écrasa impuissamment au sol.

Puis, il reçut une pluie de coups. Des mains. Des pieds. Des cris. Du sang. Des rires. Un craquement. Une envie de vomir.

À quelques mètres du lynchage, Sara, aux côtés de Mike, contemplait le spectacle. C’était la première fois que son chef réglait ses comptes devant elle. Habituellement, il savait se faire plus discret.

« T’es pas obligée de regarder, si tu veux… » lui dit-il.

Cependant, la fille ne réagit pas. Cassandra se réjouit à l’idée que Mike puisse considérer Sara comme une âme sensible. Par le passé, elle avait fait preuve de beaucoup de dévotion pour montrer qu’elle avait du cran.

« Tu devrais écouter Mike, lança-t-elle à sa rivale, c’est pas pour les loosers ce genre de chose. »

Sara ne prit même pas la peine de se retourner vers elle. Elle jeta un œil dans la ruelle et aperçut un tas de détritus laissé par les commerçants du coin. Sans un mot, elle lâcha le bras de Mike pour se diriger vers les ordures. Prenant ce comportement comme une fuite, Cassandra souffla pour exprimer son mépris.

Sara ne se retourna pas, elle arriva devant les détritus et après une courte inspection, elle trouva exactement ce qu’elle cherchait. Entre les sacs-poubelle et les appareils électroménagers hors d’usage était dressée une barre métallique. Elle se tenait droite comme si elle attendait son propriétaire. Sara s’en empara, testa sa résistance, puis revint vers l’attroupement. Son pas était plus ferme, plus sûr. Quand elle arriva près de l’homme qui se faisait tabasser, il parvint à lever le regard vers elle. Il la vit écarter ses agresseurs d’un mouvement de bras et leur demander d’arrêter. L’homme, malgré la douleur qui lui traversait le dos et le sang sur le visage, lui adressa un sourire pour la remercier. Il eut le temps de penser qu’elle était plutôt jolie. Aussitôt après, son visage se déforma par la terreur. La femme brandit alors une barre, ses yeux brillaient, son sourire devint mauvais, et d’un mouvement sec, elle l’envoya dans l’épaule de la victime. Un craquement d’os retentit, mais personne n’eut le temps de réagir qu’un second bruit surgit du dos de l’homme. L’adolescente frappa à de nombreuses reprises. Fort. L’adrénaline décuplait son envie de faire mal. Elle riait. La barre se leva et retomba, chaque fois plus énergiquement.

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